Timst’s Happy Place

1000 Jours en Suède (ou presque)

by timst on juin 28, 2015

Ce weekend, je célèbre mon 1000ème jour – presque trois ans – en Suède. Enfin, presque. En regardant mon calendrier, j’ai réalisé qu’en fait, j’ai passé mes 1000 derniers jours là:

Suède 747
France 149
Norvège 31
Belgique 16
Finlande 13
Pologne 10
Turquie 9
Portugal 8
Danemark 6
Italie 3
Lituanie 3
Hongrie 3
Lettonie 1
Estonie 1

Donc en fait j’ai juste passé les trois quarts de mon temps en Suède… EN Suède. Le reste, c’est pas mal de temps à la maison, pendant les étés notamment, et un bon 10% de « partout ailleurs ». Beaucoup de Norvège (j’expliquerai pourquoi plus loin), mais aussi une flopée d’autres pays européens. Bizaremment je ne suis allé au Danemark que trois fois, alors que c’est à trois heures de train d’ici. À l’heure de Ryanair et de ses vols Stockholm-Varsovie à 6€, les pays les plus proches ne sont pas forcément les plus accessibles. Ah, et aussi, j’ai visité une quinzaine de pays européens mais toujours pas: l’Allemagne, les Pays-Bas, ou Londres. Comment j’ai fait mon compte?

Tous ces voyages sont sans doute la partie la plus intéressante de mon séjour ici. Avant mon arrivée, je n’avais été qu’à deux des pays listés ci-dessus (sans compter la France). Grâce à ESN notamment, j’ai pu visiter tous ces endroits que je n’aurais probablement jamais vu autrement.

Ce qui m’amène à la réalisation que ma vie est devenue vraiment internationale, bien au delà de simplement vivre à l’étranger. Être Français et vivre en Suède, avec une copine Norvégio-Polonaise rencontrée en Lituanie, des amis en Australie, en Suisse ou aux États-Unis, d’autres avec qui j’ai voyagé des façades de verre du quartier européen de Bruxelles aux pierres de la vieille ville de Porto, ma vie est un mélange de langues, de pays et d’expériences.

 

Ce post sera le dernier dans la série des « xxxx jours en Suède », cependant, vu que je me prépare à quitter le pays. « Ah, tu rentres en France? », qu’on me répond généralement quand le sujet est abordé. Et bien non: rentrer à la maison (pour autre chose qu’une visite s’entend) n’est pas dans mes plans, du moins à moyen terme. Au contraire, je vais partir plus loin encore: à Oslo. La différence entre la Norvège et la Suède est souvent vue comme minime depuis la France (quand les gens arrivent à distinguer les deux), mais pour moi c’est quand même un grand changement.

 

Not pictured: 30 minutes of custom check on the norwegian side. Leaving the EU has disadvantages...

Svinesundsbron, le pont liant les deux pays. Généralement suivi de vingt minutes de contrôle à la frontière. Voilà la première différence: la Norvège est pas dans l’UE, et ça se sent.

 

Cette réimplantation s’accompagne de plusieurs challenges, notamment, trouver un boulot. En Norvège comme en Suède les gens parlent très bien anglais, mais il n’en reste que pour la plupart des boulots, la langue locale est requise. J’ai donc commencé à apprendre le norvégien, qui, heureusement, est assez similaire au suédois, du coup je ne pars pas de zero. Cela dit, presque tous les mots sont écrits différemment, les structures grammaticales sont légèrement différentes, et la prononciation n’est pas toujours la même. Aussi, le norvégien est intensément dialectisé: là où le suédois est essentiellement une langue avec beaucoup d’accents, le norvégien a au moins deux formes écrites distinctes (Bokmål et Nynorsk), et un tas de dialectes pour chaque ville et région, parfois à la limite de la non-interintelligibilité. Un exemple, la phrase « quelle heure est-il », peut s’écrire, selon le dialecte: « Hvor mye er klokken? » (la forme « standard »), « E klokka mykje? », « E a mytti klokka? », « Ka e klokken? », ou encore « Ka klokka e? ». Bref, même une fois appris le norvégien d’Oslo, on n’a pas tout vu.

Mais je diverge. Trouver un boulot, comme beaucoup d’entre vous le savent, est épuisant. Chercher des offres, écrire des lettres, remplir des formulaires, attendre… et se réveiller avec un mail de rejet de plus. Au moins avec les mails c’est vite fait cela dit. Récemment, j’ai été à trois entretiens avec une grosse entreprise de télécom Norvégienne, pour un poste qui avait l’air très intéressant. Le process a duré plus d’un mois, et à la fin ça paraissait vraiment possible… résultat, et même si on sait que c’est pas sage, on se retrouve à s’imaginer la suite. Des grandes lignes aux détails les plus triviaux, comme quel bus on va prendre le matin ou où on ira déjeuner. Puis l’appel arrive, on apprend que l’un des deux autres candidats qui étaient arrivés au dernier round avec soi a été choisi, et ce monde qu’on s’était construit éclate comme une bulle de savon.

Enfin bref, det löser sig (« on trouvera une solution », si on veut, en suédois. Il faudrait que je trouve l’équivalent Norvégien…). Dans tous les cas, exciting times, et honêtement ? Je préfère galérer ici qu’avoir une vie facile à la maison 🙂