Timst’s Happy Place

(500) Jours en Suède

by timst on janvier 12, 2014

Et oui. 500 jours, un peu moins d’un an et demi depuis que je suis parti de Nantes et que je me suis installé en Suède. L’heure de faire un point.

Où en suis-je ? Comme je l’annonçait dans un précédent post et contrairement à ce qui était prévu, je n’arrive pas à la fin de mes études. Du moins, pas tout de suite : j’ai encore un an et demi devant moi, ce qui veut dire qu’on peut s’attendre à avoir un autre article pour mon millième jour ici ! Ce que je fais en ce moment s’appelle Social Media & Web Technologies. C’est toujours de l’informatique, mais moins chiant plus proche du monde réel. Aussi, et pour schématiser, avant j’apprenais à faire des programmes, maintenant j’apprend à faire des sites web, ce qui, passé le « choc » initial, s’avère être bien plus intéressant (et porteur). Pour le moment ça se passe relativement bien. J’ai des fois l’impression que j’aurais mieux fait de choisir autre chose que informatique, mais c’est un peu tard pour y penser, donc autant finir ce que j’ai commencé.

Sorti de là, je participe toujours a l’association VIS, et c’est top. Y’a toujours quelque chose à organiser, un processus à améliorer, des nouvelles idées à implémenter, c’est vraiment la synthèse parfaite entre un travail de bureau, une startup et un projet caritatif. C’est extrêmement gratifiant d’avoir l’occasion de travailler sur des choses qui ont un impact réel et direct dans la communauté, par rapport aux faux projets de l’école par exemple. Bien sûr ça ne met pas de pain sur la table (ou de crédit ECTS dans le dossier scolaire), mais j’ai jamais été aussi enthousiaste (et persistant) avec un projet qu’avec celui-ci.

C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai pu participer à quelques un des meilleurs moments de l’année écoulée : premièrement, je suis allé en Novembre à la Northern European Platform, une sorte de congrès où toutes les sections ESN (la « maison mère » du VIS) de Scandinavie et des pays baltes se rejoignent pour échanger sur leurs activités. En pratique, ça veut dire une centaine de volontaires réunis quatre jour à Tampere, en Finlande, avec des séances plénières le jour (vu la taille d’ESN, inutile de dire qu’on atteint des sommets de bureaucratie) et des… ah… « activités sociales » le soir. Notamment, on a eu droit à une soirée sauna (mecs —et, plus rarement, filles— à poil inclus), et un « sitsit », sorte de dîner étudiant ultra codifié pendant lequel on a passé 4 heures à manger, boire et chanter. Personnellement, je considère que quand on a chanté l’Internationale en suédois à un repas d’entreprise, on a bien vécu.

NEP

Le second c’est le fameux Sea Battle. Le concept est simple : ESN privatise un bateau de croisière qui fait la liaison Stockholm – Tallinn, on amène 2000 étudiants de toute l’Europe du nord, et c’est parti pour deux jours. Alors inutile de dire que c’est l’orgie dans tous les sens du terme, d’autant plus que le bateau a un duty-free avec de l’alcool environ deux fois moins cher qu’à terre, résultat ESN et Pernod Ricard (oui, ce Pernod Ricard) ont créé l’an passé une initiative commune nommée Responsible Party, censée encourager une consommation raisonnable d’alcool pendant la soirée. En pratique, comme évidemment l’impact d’une poignée de posters auprès de jeunes qui ont payé 150€ spécifiquement pour venir se la mettre est évidemment limitée, le composant le plus réussi de ce dispositif était celui dont on m’avait confié la responsabilité : transporter un sac à dos avec un réservoir de 10 litres d’eau (sac à d’eau ?) et en distribuer à tous le monde. Très grand succès, vu que l’eau est payante dans les bars, donc tout le monde se jetait sur nous. Inutile de dire, essayer de rester stable quand il est 4h du mat et qu’on a passé deux heures à transporter un sac de 10 kg qui fuit sur un bateau qui tangue à mort à cause de la tempête et alors que tout le monde se jette sur vous comme s’ils sortaient du désert est une expérience assez… spéciale, mais quand même intéressante.

Le semestre prochain promet au moins un grand moment, vu que j’ai contribué à ajouter un nouveau voyage à notre programme : la Norvège ! On va passer 4 jours à visiter les fjords, marcher un glacier, et claquer 11.5 € pour un Big Mac (non, vraiment). Après une nuit à Oslo, on va directement aller là :

map of norway

En plein milieu de la région traditionnelle de Sogn. Des fjords en veut-tu, en voilà. On fait pas plus Norvégien sauf à aller dans les îles du Lofoten, mais bon, c’est déjà pas la porte à côté: 15 h de bus dans chaque sens. On a rien sans rien. Comme je disais, je suis l’un des créateur de cette nouvelle activité, donc ça rend le voyage doublement excitant (et stressant) pour moi.

Sinon… J’ai commencé à accélérer un peu mes efforts d’apprentissage du suédois. Jusqu’à maintenant j’apprenais en absorbant la langue par osmose, ce qui marchait… mais lentement. Désormais, j’ai ça :

Essentials of Swedish grammar

Très bon bouquin, qui est essentiellement l’équivalent suédois du Bescherelle. Bon, à part que celui là tient en 160 pages, tandis que le Bescherelle, c’est trois volumes de 300 pages chacun. Du coup et après en avoir lu environ la moitié, l’impression que j’ai du suédois est que c’est une langue à la grammaire / conjugaison relativement simple, notamment avec 5 temps verbaux (infinitif, impératif, présent, prétérit et supin). Bon par contre la prononciation c’est la merde. Moi qui ai déjà du mal avec l’anglais à ce niveau là, je pense que c’est pas demain la veille que j’arriverai à chanter Du gamla, du fria avec une diction parfaite. L’important à moyen terme, ce serait de parler suffisamment bien pour trouver un boulot à mi temps, donc c’est déjà un début.

Pour ce qui concerne le futur, je dois reconnaître que c’est assez flou. On me demande souvent si j’ai l’intention de revenir en France après où de m’enraciner ici, et à vrai dire c’est une question à laquelle je n’ai, pour le moment, pas de réponse. J’ai pas vraiment envie de rentrer en France, et je n’exclus pas de partir ailleurs après mes études, également. Tout dépendra de la situation financière et des opportunités qui se présenteront.

S’élancer dans l’avenir sans plan de bataille est un peu effrayant, mais si j’ai réalisé une chose en venant ici, c’est que les plans ne tiennent jamais à terme de toute façon, donc mieux vaut s’adapter aux choses comme elles viennent. Et c’est bien ce que je compte faire en 2014.