Timst’s Happy Place

60 Jours

by timst on novembre 1, 2012

Pour ceux qui se demandaient comment je m’en sors au niveau de la langue, ça va plutôt bien. La Suède n’ayant pas une politique linguistique débile comme chez nous, les gens et les boîtes n’hésitent pas à utiliser l’anglais communément, y compris à la télévision, sans avoir l’impression que le fantôme de De Gaulle les regarde de travers. Le résultat, c’est que tout le monde – tout le monde – parle anglais. On peut littéralement aborder quelqu’un dans la rue et commencer à lui parler anglais sans préfacer sa question d’un « Do you speak english ? ». Essayez ça en France, vous me direz ce que ça donne. Et d’ailleurs, c’est pas que les suédois : à quelques exceptions (les espagnols ont pas l’air d’en mener large également), tout le monde parle très bien anglais. On a un américain dans notre couloir et j’ai pas le sentiment qu’il cherche à adapter son langage pour nous tellement la plupart des gens ici réagissent vite. À côté de ça j’essaye d’apprendre le suédois (on a des cours fournis par l’université), mais bon, c’est assez laborieux…

La frustration de ne pas comprendre les promos sur les oeufs est terrible.

 

Apparemment, autour de 1500 étudiants (soit, grosso modo, 10 % du campus) sont étrangers. La plupart sont dans des programmes d’échange type Erasmus, et une minorité sont en candidat libre (« freemover »). Une bonne moitié viennent d’Allemagne (très pratique si, comme moi, vous ne parlez pas un mot d’allemand et serez incapable de situer le moindre länder ou capitale régionale sur une carte), y’a aussi une bonne réserve de français (qui bien sûr se sont ghettoïsés aussi vite qu’ils ont pu), pas mal de coréens, une bonne réserve de japonais, du turc, du chinois, des iraniens, des espagnols, quelques américains, incompréhensiblement peu d’indiens, et bien sûr une long tail de nationalités diverses. De mon côté je traîne principalement avec des français (NE ME JUGEZ PAS !!!), quelques allemands, et les gens de mon couloir, à savoir un américain, deux allemands, un turc et une sud-coréenne. Les étrangers non-EU doivent payer quelque chose comme 15 000 € par an pour étudier ici, ce qui explique sans doute le côté très « club du Nord » de la démographie étudiante.

Mais y’a quand même moyen de s’amuser.

Sinon, les premières neiges sont tombées la semaine dernière. Je suis sorti voir, et comme on peut s’y attendre, ça a arrêté d’être fun au bout d’environ 38 secondes, notamment parce que c’est deux fois plus mouillé que l’eau pure. En ce moment j’ai encore moins de cours qu’avant (prochaine leçon : 7 novembre), du coup je vais avoir l’occasion de me balader un peu. J’ai déjà pu aller à Gotland, la plus grande île du pays : c’est essentiellement la Bretagne. Rochers, goémon, mer omniprésente (oui bon c’est sûr, sur une île)… Le chef-lieu de 20 000 habitants ressemble à un décor de film avec son mur d’enceinte, ses comptoirs hanséatiques et son étang avec cygnes intégrés. La semaine prochaine je vais voir Goteborg, ou « Gothembourg » en français (Sérieux ?), la deuxième ville du pays, qui est généralement présenté comme la version hispter de Stockholm. À ce sujet d’ailleurs, si j’arrive à tout coordonner, il est probable que j’organise un petit séjour dans la capitale. Mais bon là encore le problème c’est l’argent, surtout dans une ville où quand on tape « cheapest bar » dans google, on nous redirige vers un rade où les cocktails coûtent 15 €.