Timst’s Happy Place

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by timst on juin 23, 2012

Comme indiqué sur mon « portail », l’un des objectifs de ce blog est de décrire mes impressions lors de mon futur séjour de deux ans à l’université de Linnaeus, en Suède. Je vais en parler d’avantage, mais d’abord, voyons comment j’en suis arrivé là.

 

 Bientôt, Carl.

J’ai commencé à jouer avec un ordinateur (dans tous les sens du terme) vers, genre, 1998, à quelques années de plus ou de moins. J’ai donc su relativement tôt que l’informatique me plaisait, et c’est une idée de carrière que j’ai gardé en tête pendant toute ma scolarité. Arrivé au lycée il a fallu choisir quelque chose de plus concret, et vu que ça me semblait le chemin le plus direct (et que, comme dirait Cohn-Bendit, je suis trop minable), j’ai choisi de faire un bac technologique STG (Gestion) au lieu de suivre mes amis en S. Inutile de dire que c’est un choix que je n’ai cessé de réévaluer au cours des années suivantes, surtout arrivé en terminale lorsqu’il a fallu quitter mon lycée de la côté de jade pour aller à Nantes et ainsi passer une spécialité GSI (Gestion des Systèmes d’Information), une sous-division de STG assez peu courante, à La Joliverie.

 

La joliverie

Je me suis permis de reconstituer la ringardise de ce lieu à l’aide de ce filtre pseudo-instagram. Oui, c’est une croix au fond. For real.
 

C’est dans ce lycée de Nantes que je suis resté pour faire un BTS Informatique de Gestion. Ça a été une formation assez moyenne, où j’ai appris pas mal de trucs (notamment en réseau) mais dont le coeur de programme, à savoir la programmation informatique, était vraiment trop faible. En somme, ça aurait dû durer un an, pas deux. À la fin du BTS, toujours hanté par ma décision d’avoir entamé des études manifestement en dessous de mon niveau, j’ai voulu remonter la pente et me suis présenté à un concours pour entrer dans un programme d’ingénieur par apprentissage organisé par l’École des Mines de Nantes. J’ai traversé les 3 étapes du recrutement avant de me faire finalement rejeter parce que, huh, avec 4 ans de maths pour technicien (et le fait que je déteste cette matière), je faisais vraiment pas le poids.

Je me suis donc rabattu sur une licence professionnelle Systèmes Informatiques et Logiciels, à l’université cette fois. Ça a été une année désagréable pour une variété de raisons, l’une d’entre elle étant que les cours étaient assez désorganisés, l’emploi du temps chaotique et que la qualité des cours allait en se dégradant. Notamment, les séances de cours avec prof ont été peu à peu remplacées par des interventions de professionnels extérieurs qui n’ont évidemment pas la même expérience en terme de pédagogie, et qui arrivaient en vendant des solutions à des problèmes qu’on n’avait jamais rencontré, rendant l’assimilation difficile.

Gordon

La mascotte de l’université, Gordon. Fuck you, Gordon
 

À la fin de cette année (donc, y’a quelques mois), j’étais fatigué tant d’un point de vue scolaire que personnel et j’ai ressenti un grand besoin de m’échapper de Nantes et de l’arc éducatif dans lequel je m’étais coincé. Malheureusement, la licence professionnelle est supposée être une dernière étape avant l’entrée dans la vie active, ce qui se caractérisait par un abandon de toute matière générale (hors anglais). Du coup, aucune université ou école publique n’accepte de prendre de licencié pro sauf à retrograder en L3 générale d’abord, ce qui me semblait une perte de temps considérable, et ne réglait pas les autres problèmes motivant mon départ. J’ai donc décidé de contourner le problème en me lançant dans un projet qui me trottait dans la tête depuis le lycée, à savoir partir à l’étranger. Comme les universités étrangères ne font pas la distinction entre licence et licence professionnelle, la seule chose qui compte sont les 180 crédits ECTS dont je dispose. Ainsi, je me suis mis en quête d’ailleurs.

 

Bien sûr, comment imaginer continuer à vivre dans un tel enfer ?
 

Étant donné que cela aurait nécessité d’être accepté en France (et d’y rester pendant deux ou trois semestres), je n’ai pas cherché à participer à un programme d’échange type Erasmus, préférant rejoindre une université en « freemover », gagnant ainsi en liberté (mais perdant en assistance, naturellement). Après une courte hésitation (en réalité rien d’autre ne me tentait vraiment), j’ai fini par statuer pour la Scandinavie que j’admirais depuis des années pour son niveau de vie avancé, et que j’avais déjà pu découvrir lors d’un voyage en Suède en 2007, dont je conservais un très bon souvenir (là encore, la partie rationnelle s’accompagne, comme dans tout ce que je fais, d’une partie émotionnelle). Après des semaines de recherches, démarches et hésitations, je finis donc par envoyer ma candidature à 4 universités suédoises : Linnaeus University (sud), Malardalen University (région de Stockholm), Chalmers University of Technology (ouest), et Blekinge Institute of Technolgy (encore plus au sud). Après quelques mois d’attente éprouvante, j’ai finalement reçu mes résultats, le 16 mars.

 

Final selection results :
Linnaeus University (Växjö, Sweden) – Master in Software Technology : ADMITTED

 

Ooooh yeah. Voilà donc comment, le 29 août prochain, je vais m’envoler de ce pays et rejoindre le grand nord où je ferais un master de Software Technology jusqu’en 2014.

C’est vraiment un tournant de ma vie je pense. Comme je l’indiquais dans mon billet emo de la dernière fois, je ne pars pas uniquement pour les raisons technico-scolaires invoquées plus haut. J’ai également un certain sentiment d’insatisfaction avec l’état actuel de ma vie, et les décisions que j’ai prise au cours des dernières années m’ont conduit à un isolement qui devient de plus en plus oppressant. Partir, c’est, sans régler tout mes problèmes, du moins me donner une occasion de remettre les compteurs à zéro et de réessayer.

À cette fin, j’habiterai pendant au moins la première année sur le campus, dans ce qu’ils appellent un corridor : à savoir un étage de 6 chambres reliées par un couloir (d’où le nom), chaque chambre étant relativement indépendante (douche / toilette), les gens du corridor partageant seulement une cuisine et un salon commun. Ça me semble être le parfait équilibre entre social et privé (parce que partager les chiottes, heu, non ?) et j’ai hâte de voir ce que ça va donner.

 

snowman

Je pense passer 80% de mon premier hiver à faire ce genre de trucs
 

Du côté de ma classe, mes premières recherches (lire : mon stalking d’adresses envoyées en cc d’un mail de notre futur prof principal) m’indique que je serais avec au moins 6 autres étudiants, dont 2 d’origine orientale (faute de d’avantage de précision), un (ou une ?) grec, un néerlandais, un chinois, et, bien sûr, un indien (sinon on est pas en informatique). Ça va être intéressant.

Avec un peu de chance j’aurai une voiture sur place, et dans tous les cas j’ai reservé une portion de mon budget pour faire des voyages dans le pays et aux alentours. Je pourrai ainsi claquer 200 € dans un billet de train pour aller voir les aurores boréales en Laponie, en agonisant tout le long du voyage sur le fait que c’est sûrement mieux de les voir à deux. Oh well.

Sorti de là, je sais pas du tout comment ça va être. J’ai un résumé rapide du contenu de la formation, des petits livrets de l’univ et quelques témoignages ici et là, mais ça reste le grand inconnu tout de même. Tant mieux. J’ai hâte.